Installations (ça va de mal en plis !)

DESACORPS, CA VA DE MAL EN PLIS !

Des textes glanés au fil de nos lectures, quelques papiers, des fils

qui racontent,

la fragilité d’être, les doutes d’avancer, le temps qui passe,

nos petits bonheurs quotidiens en pièces détachées…

 

Carnets et livres d’artistes, photographies, peintures et installations

se répondent et prennent forme(s).

Les mots pansent les maux,

Les papiers modèlent les corps et les fils gardent trace…

 

Regards amusés, révoltés souvent,

bienveillants toujours, sur les (B)Elles qui nous entourent

nos mères, nos filles, nos copines, les anonymes, nous-mêmes

les cabossées, les fragiles et les rebelles

Celles d’ici ou d’ailleurs,

  

Dominique et Emmylou Barral, décembre 2017, Chapelle Vaugelas

SENBAZURU

La légende des mille grues

 

Maître Kurogiku est assis. En position de zazen.

Devant lui une feuille de papier carrée.

Pliée. Un origami.

L’origami représente une grue.

La légende raconte

que si l’on parvient à plier mille grues en papier,

tous nos vœux se réalisent.

 

 

Jean-Marc CECI, Monsieur Origami, Festival du 1er Roman de Chambéry 2017.

LOVE DOLL

Au Japon, les Love Doll ont la valeur d’épouses de substitution. Ce sont des poupées en silicone de taille humaine que certains japonais achètent dans des magasins spécialisés.

Selon un protocole adopté par tous les fabricants de poupées en silicone, elles sont systématiquement désignées sous les noms de « jeune fille » (musume). Quand un nouveau modèle est « mis sur le marché », on parle de « naissance » (tanjô). Le mot « vente » est remplacé par « mariage » (yomeiri).

« Le renvoi à l’usine » est transformé par euphémisme en « retour  chez les parents » (satogaeri). Et lorsqu’un client souhaite jeter sa poupée, la firme (qui joue les intermédiaires avec une entreprise de recyclage) garantit qu’une cérémonie funéraire bouddhiste sera effectuée au préalable…

Des cérémonies très officielles, invitant les amis, sont organisées à chaque évènement mettant en scène les Love Doll, immaculées, muettes et soumises. 

Les frontières séparant l’animé de l’inanimé sont alors troublantes…

 

Mannequin inspiré par une émission sur France Inter en octobre 2016

et   un film projeté à l’exposition « PERSONA. Etrangement humain »,

  Musée du Quai Branly à Paris en 2016.

FAISEUSE D'ANGES, LA BLANCHISSEUSE DES CORPS

Marie G. sera faiseuse d’anges par hasard.

 

Elle sera blanchisseuse des corps, de celles qui gomment les taches disgracieuses,

au point de passage entre la vie et la mort.

(…) La faiseuse d’anges est une sorcière quand elle opère, les sorcières on les chasse,

bientôt on les tuera mais elle l’ignore,

alors pour les corps mutilés elle n’est personne.

Elle est un monstre,

le jour du procès ils ont dit que les monstres commettent

 le mal sans même en avoir conscience.

 

Demain à l’aube, elle aura la tête tranchée.

Pourtant l’Histoire ne retiendra pas son nom.

Marie restera l’autre nom de l’oubli.

 

Valentine GOBY, Qui touche à mon corps je le tue (1942), 2008

AMOUR A MERE

Le parfum de ma mère s’échappe de tous ces tissus brodés.

Cette odeur imprégnait tous les tissus qui passaient par ses mains.

Après toutes ces années, il erre encore dans la trame du tissu.

Un parfum et l’éclair d’une aiguille dans la continuité des doigts :

Voilà ce que j’ai retenu de toi…

 

Carole Martinez, Le cœur cousu

JE SUIS UNE BACHA POSH

Il (Elle) détourne son regard.

Horrifié par ce corps annihilé, réduit au minimum pour porter sa tête qui, en comparaison,

paraît démesurée.

Cadavre vivant.

Corps bâtard.

Trafiqué pour se faire oublier.

Embryon de femme, posture d’homme.

Corps laid.

Corps mensonge.

 

Charlotte Erlih, Bacha Posh. Actes Sud.

FEMME DE L'ETRE

Non, non, je ne veux point d’un esprit qui soit haut,

Et femme qui compose en sait plus qu’il ne faut.

Je prétends que la mienne, en clartés peu sublime,

Même ne sache pas ce que c’est qu’une rime (…)

En un mot, qu’elle soit d’une ignorance extrême ;

Et c’est assez pour elle, à vous en bien parler,

De savoir prier Dieu, m’aimer, coudre et filer.

 

Molière, L’Ecole des Femmes (I, 1)

NOIRS DESIRS

MIROIR OH MON BEAU MIROIR !

TRUE LOVE TESTER

Le soutien-gorge qui s’ouvre tout seul quand on est amoureux !

 

Ce sous-vêtement « intelligent » est bardé de capteurs, avec application possible sur Smartphone.

Il analyse le rythme cardiaque de la femme qui le porte…

Plus le rythme est élevé, plus l’ouverture est rapide…dit la pub !

 

Ce livre objet est inspiré de La Marquette (ou Marquoir) qui est une pièce de tissu, carrée, que les petites filles brodaient au point de croix (le point de marque) : l’alphabet de A à Z, les chiffres de 1 à 9 ainsi que son nom, son prénom, son âge et la date.

« Marquer » son linge sur son trousseau et avoir ses règles sont indissociables.

La petite fille marque, à sa puberté, dès ses premières règles, son linge toujours avec du fil rouge, souvent le très beau rouge turc DMC n° 321 ou le rouge baiser DMC n°498.

Très longtemps, c’est par la broderie de la marquette et le chiffrage du linge que les filles apprennent à lire, écrire et compter.

Pour grand nombre d’entre elles, l’aiguille et le fil rouge ne seront jamais remplacés par la plume….

 

Livre-Objet, Coffret 21 X 21 cm,  Planches 19 X 19 cm

 Gravure, gaufrage, fils, coton DMC rouge turc n° 321, pointe sèche, papiers LOKTA

Projet et Thème inspirés librement  par  un article du Dauphiné Libéré « True Love Tester » du  29 janvier 2014.

et  par les « Marquettes » du début du siècle

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now